Avec mon chéri, nous hébergeons par intermittence, depuis début mars, une de mes amies : Phasya.
Phasya a en effet décidé de prendre un congé sabbatique et à tout planté histoire de pouvoir mettre du fric de côté afin de s'envoler à partir de fin juillet dans ce qui est devenu son pays de coeur : Le Brésil. Certes, c'est son choix, et l'idée de tout plaquer 8 mois avant son départ définitif est difficile à comprendre mais je lui ai d'emblée proposé de loger chez nous si elle en avait besoin. Il est vrai qu'au départ, le congé sabbatique était censé arriver plus tôt que fin juillet, mais les choses ne se goupillent pas forcément comme prévues.
Si j'écris sur elle aujourd'hui, c'est suite à plusieurs notes sur son blog,où elle parle de moi, de son amie Eliane et de ses déceptions "amicales". La majorité de ses supers potes qui lui proposaient l'asile quelque temps lui ont tourné le dos le moment venu. Je me suis dit, en la lisant, que je ne dois vraiment pas avoir la même conception de l'amitié que d'autres personnes.
C'est marrant d'ailleurs, j'ai rencontré cette nana parce qu'elle a un jour été embauchée à l'hôtel où je bosse,dans mon équipe, et j'étais sa supérieure hiérarchique. Nous n'avons pas eu à cette époque de liens particulièrement étroits, elle faisait son job, moi le mien, basta ! Peu après avoir démissionné, il lui est arrivé une grosse tuile, elle s'est faite renverser par un gros connard et a faillit y laisser la jambe. J'ignorais totalement tout ça, d'ailleurs comment l'aurais-je su, je n'avais aucun contact avec elle. Et un jour, elle s'est pointée à l'hôtel, avec 2 béquilles, la jambe raide, complètement flippée et étonnée d'avoir réussi à avoir enfin réussi à sortir de chez elle, à traverser la rue et à venir jusque là. Elle avait besoin de vider son sac, m'a raconté ce qui lui était arrivé et moi, je l'ai écoutée, touchée qu'elle vienne me voir moi,même si je suis certaine que le fait que ce soit moi soit un hasard dû au fait qu'il fallait qu'elle se repose un peu , et que l'hôtel était juste là... Je l'ai donc écoutée avec intérêt, car écouter est certainement la chose que je fait le mieux, on m'avait d'ailleurs un temps surnommée Pause Café... Et je ne sais pas ce qui est arrivé ce jour là mais quelque chose est passé entre nous et depuis, nous sommes devenues amies, au fil du temps. Elle a été très présente pour moi quand j'en ai eu besoin, j'ai essayé de le lui rendre aussi bien que je puisse. Pourtant, rien ne nous destinait à nous rapprocher, bien au contraire, elle est d'origine algérienne, moi fille de pieds-noirs, elle est croyante, moi plutôt athée, elle ne tient pas en place, moi je tiens à ma tranquilité et à ma petite vie peinarde, et nos goûts divergent presqu'en tout...
Mais l'amitié est pour moi une question de respect mutuel et là, notre plus gros point commun est d'avoir eu la chance d'avoir des parents qui nous ont inculqué des valeurs de respect et de tolérance. C'est pourquoi, ouvrir ma porte et accueillir une amie pendant quelques semaines ne me pose pas plus de problèmes que de sacrifier un peu mon intimité . J'ai aussi l'énorme chance d'avoir un homme fantastique qui accepte la situation avec beaucoup de gentillesse et de patience. Contrairement à une certaine période de ma vie, je ne fréquente plus grand monde mais les gens que je fréquente, je les aime, ils comptent pour moi et font partie de mon équilibre. J'essaye donc de profiter encore un peu de la présence de Phasia car je sais qu'ensuite je ne la reverrai pas pendant très très longtemps et ça, ça m'angoisse pas mal....
Alors merci Phasia d'être mon amie, et merci Chérichounet de me laisser encore profiter un peu d'elle.

C'est vous qui le dites